Portrait C1 – Isco (Malaga)

Portrait Isco

Le 8ème de finale le plus sexy de demain soir ne sera peut-être pas celui que l’on croit. A côté de l’alléchant Arsenal – Bayern Munich s’affronteront également au Portugal deux équipes qui taquinent au moins aussi bien le ballon. Dans les rangs des visiteurs se trouve un petit surdoué, Francisco Román Alarcón Suárez, en train de devenir de moins en moins petit justement.

Attention à l’invasion de la génération 92 dans le football mondial. Youtube a fait connaître Neymar, 2011 a couronné Mario Götze en tant qu’espoir de l’année, Jack Wilshere évolue déjà à Arsenal. Pendant ce temps, Isco se fait gentiment une place au soleil andalou, en attendant mieux. Bien que Malaga se prenne d’amour pour son meneur de jeu, l’actuel 4ème de Liga devrait éviter de trop s’attacher. Le club est provisoirement exclu des quatre prochaines campagnes européennes, faute d’avoir su rembourser ses dettes. Et même sans ça, le MCF deviendra trop petit pour ce talent courtisé notamment par le Bayern Munich, le Real Madrid ou Manchester United. Belle réinsertion dans le droit chemin pour ce joueur dont l’ancien club, Valence, jetait lentement mais sûrement ses qualités par la fenêtre.

La bêtise valenciane

Tout a d’abord commencé à l’Atlético Benamiel, club de district basé à Benalmadena, son quartier de naissance, proche de…Malaga. Au cours de nombreux tournois de jeunes, Isco se fait repérer par la moitié de la Liga BBVA. Considéré comme l’un des plus gros potentiels des catégories inférieures,  ces clubs démarchent pour lui faire intégrer leurs centres de formation respectifs. Le Valencia CF se montre le plus prompt à sa signature, et parvient à l’enrôler l’été 2006. Isco a alors 14 ans. Sa nouvelle formation polit son diamant durant 4 ans, le temps de prendre des notes sur David Villa et David Silva, entre autres. Il débute avec l’équipe première en Coupe du Roi le 11 novembre 2010, contre Logroñes, club de Tercera Division (CFA espagnole). Score final : 4-1 pour les Ché, avec un doublé d’Isco, majeur depuis un peu plus de 6 mois seulement. Pas de quoi s’enflammer pour Unai Emery, son entraîneur d’alors. ‘Il a fait un grand match et réalise une belle saison avec la CFA. Je l’ai convoqué car il l’a mérité, mais battre Logroñes n’est pas la même chose que battre une équipe de Liga. Isco n’a pas encore le coffre nécessaire et nous devons être prudents’. Son coach tient à montrer à son poulain que rien n’est acquis. ‘Il doit continuer à faire de grandes choses avec la CFA pour revenir jouer avec nous. Il a effectué la présaison avec l’équipe première, mais cela n’excluait pas un retour avec la réserve’. Unai Emery est exigeant avec les plus talentueux, et c’est normal. L’était-il un chouilla trop ? Malgré qu’Isco ait été fondamental dans la montée du Valencia Mestalla (la réserve) en Segunda Division B (3ème division), le joueur estime que son entraîneur ne comptait pas sur lui.

Après diverses négociations entre le meneur de jeu, Unai Emery, le directeur technique Braulio Vazquez et le président Manuel Llorente quant à une possible prolongation de contrat, le joueur refuse les conditions proposées. Le Malaga CF saisit alors l’opportunité : les Malageños paie la clause libératoire de 6 millions et s’attache les services du joueur l’été 2011. Sa carrière peut enfin débuter.

Seconde naissance andalouse

Une fois posé dans sa nouvelle équipe, le milieu de terrain vide son sac, au micro de la Sexta. ‘J’ai vu l’opportunité de Malaga comme un bon projet pour progresser en tant que joueur. A Valence, il y avait un entraîneur qui ne me faisait pas confiance. Il croyait seulement en Jordi Alba’. L’amertume du sportif conscient de ses qualités et frustré de ses 7 petits matchs joués la saison passée avec son ancien club. Il aura l’occasion de se défouler avec le maillot albiceleste. D’entrée de saison, Manuel Pelligrini en fait un quasi-incontournable. Le 21 novembre 2011, lors de la 13ème journée à Santander, Isco inscrit son premier but sous ses nouvelles couleurs, après avoir déjà régalé la Rosaleda avec sa technique et sa vista.

Ses 5 buts et 5 passes décisives en 32 matchs pour sa première saison aide Malaga à se qualifier pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions, une première dans l’histoire du club. Cette ligne de statistiques ainsi que ses performances de manière générale l’incrustent dans l’équipe révélation de la Liga 2011-2012, et lui offrent le trophée du joueur révélation de la Liga.

L’année suivante, grands débuts dans l’élite européenne (Malaga a éliminé le Panathinaïkos en barrages). Isco déclarera à la fin de la première rencontre face au Zénith Saint-Péterbourg : ‘Jouer la Ligue des Champions est le meilleur qu’il puisse arriver, simplement incroyable. Je crois qu’il n’y a rien de mieux’. Seulement le puceau qui perd sa virginité et qui demande des autographes en fin de match ? Peut-être, mais tant qu’à faire, autant mettre un doublé et remporter le prix du meilleur joueur de la 1ère journée de C1, non ? Celui dont les yeux brillent de mille feux au final, c’est son entraîneur Pellegrini : ‘Isco a un grand avenir et commence une excellente carrière. Personne ne sait où se situent ses limites. Le plus important est qu’il joue avec nous’. Comme après chaque dépucelage, on y prend goût. Isco poursuit sa moisson de trophées individuels. Le magazine italien Tuttosport lui décerne le prix Golden Boy 2012, qui récompense le meilleur jeune joueur européen. Il devance Thibault Courtois et Stephen El Shaarawy. Les footballeurs qui l’ont gagné avant lui ? Van der Vaart, Rooney, Messi, Fabregas, Agüero, Anderson, Pato, Balotelli et enfin Götze. Cela vous place le bonhomme.

Réceptionneur du témoin en sélection

Non seulement l’équipe d’Espagne est plutôt tranquille ces dernières années, mais en plus elle n’a aucune raison de s’inquiéter pour au moins la prochaine décennie. Pour faire la transition de génération chère à Michel Sapin, Vicente Del Bosque convoque Isco pour les matchs amicaux de préparation d’Euro 2012 contre la Serbie et la Corée du Sud. Il ne joue pas une seule seconde, mais découvre au moins l’univers de la Roja. Petit stage d’été à Londres avec les Olympiques avant de revenir chez les grands, le 6 février dernier face à l’Uruguay en amical, match dans lequel il remplace Andrés Iniesta a 30 minutes du terme (victoire 3-1, impliqué dans le troisième but espagnol).

Quoiqu’il advienne, Isco intègrera le squad national sur le long terme, s’il poursuit sur ce niveau de jeu. Détenteur des clés du jeu après le départ de Santi Cazorla, le costume lui sied à merveille. Auteur de 10 buts en 29 matchs cette saison, il a déjà doublé son nombre total de réalisations de l’édition précédente, et ce à mi-février. Avec des palpeurs de ballons comme Thiago Alcantara, Sergio Canales (s’il coupe le cordon avec l’infirmerie), Ander Herrera, Iker Muniain et donc Isco, ajouté à des Jordi Alba, David De Gea ou Bojan, qui ont tous 23 ans ou moins, l’Espagne du football peut vraiment dormir sur ses deux oreilles.

Fiche d’Isco

Nom : Alarcon Suarez
Prénom : Francisco Roman
Date de naissance : 21 avril 1992
Lieu de naissance : Benalmadena (Espagne)
Pays : Espagne
Poste : Milieu offensif
Clubs successifs : FC Valence, Malaga (Espagne)

Randy Assala

Posted by EspoirsduFootball.com

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