Portrait – Christian Bassogog, sans aucun doute

Avec son apparence physique plus proche d’un joueur en fin de carrière que d’un espoir du football, Christian Bassogog est régulièrement moqué sur les réseaux sociaux. Ce qui ne semble pas empêcher le camerounais de poursuivre sa marche en avant. Auteur d’une superbe CAN, remportée avec le Cameroun, il vient de signer en Chine pour un salaire mirobolant.

L’histoire de Bassogog commence en 1995 à Douala. 6ème d’une fratrie de 10 enfants, il commence à taper dans un ballon dans son quartier de New-Bell Ngangue. Gaucher talentueux, il intègre la célèbre Fundesport, fondation créée par la légende camerounaise Samuel Eto’o. Alors qu’il s’imaginait sans doute en Europe pour marcher sur les traces de ses compatriotes, Bassogog doit finalement redescendre en deuxième division camerounaise pour lancer sa carrière. Il s’engage avec le Lion Blessé de Foutouni et inscrit 6 buts. Pas de quoi convaincre des recruteurs de lui proposer de quitter le Cameroun. Il signe donc avec le Rainbow FC.

Le rêve américain ?

A l’automne 2014, l’agent américain Leo Cullen et Jason Arnold, directeur général des Wilmington Hammerheads organisent plusieurs séances de détection au Cameroun en partenariat avec l’organisation Rainbow. Alors licencié au Rainbow FC, Christian Bassogog, 18 ans, tape dans l’oeil de Jason Arnold, qui lui propose de traverser l’Atlantique et signer dans ce club de Caroline du Nord, qui évolue en USL, le 3ème échelon américain.

Début 2015, il fait le grand saut et s’engage donc avec les Hammerheads, club partenaire du New-York City FC, en compagnie de son compatriote Brian Anunga, également repéré lors de ce stage de détection au Cameroun. Jason Arnold était enthousiaste au moment de présenter ses deux recrues : « Nous sommes très heureux de voir ces jeunes joueurs rejoindre Wilmington. Nous cherchons des joueurs talentueux pour les mener vers le niveau professionnel. C’est formidable de voir que notre partenariat avec Rainbow Sports Investements commence à porter ses fruits. Nous espérons faire signer encore plusieurs jeunes camerounais« .

Aux Etats-Unis, Bassogog ne va pas briller sur un plan statistique. En 16 matchs, il n’inscrit pas le moindre but et ne délivre que 2 petites passes décisives. Il n’est d’ailleurs titulaire qu’à 7 reprises en USL. Des chiffres faméliques pour le camerounais, mais qui ne traduisent pas son potentiel et son impact avec les Hammerheads.

L’arrivée en Europe

Après seulement 5 mois, il quitte la franchise américaine pour le Danemark. Mis à l’essai durant 10 jours par Aalborg, il se montre convaincant et ses qualités, notamment de vitesse et de percussion, lui permettent de signer un contrat de longue durée avec le club danois en août 2015. Jason Arnold est ravi du transfert de son poulain : « C’est une belle opportunité pour Christian de découvrir le football européen dans un club comme Aalborg. Nous sommes heureux de lui avoir permis de se développer. Il a du talent et nous allons suivre ses performances avec enthousiasme. »

Au Danemark, il signe son premier contrat professionnel en Europe mais les débuts sont difficiles comme il le confiait à LionIndomptable.com : « En début de saison, c’était un peu difficile pour moi, je venais de signer professionnel et je ne savais pas vraiment comment aborder ce championnat. Mais à la phase retour du championnat, j’ai pu obtenir la confiance du coach, j’ai commencé à jouer les matches et ça s’est plutôt bien passé« .

Habituellement utilisé sur le côté droit du milieu de terrain, lui le gaucher, il est repositionné au poste d’avant-centre avec Aalborg. Sa première saison danoise est plus qu’anonyme. Il ne foule les pelouses qu’à 9 reprises pour un temps de jeu total de 244 minutes. Il n’est titulaire qu’à une seule reprise, le 29 mai 2016, contre Odense, pour la dernière journée de championnat. Pourtant, son club est persuadé qu’il est talentueux, et après une belle préparation lors de l’été 2016, il débute la saison avec un statut de titulaire. Passeur décisif pour son 2ème match et buteur la journée suivante, il va convaincre son entraîneur de ne plus le sortir du onze de départ. Chose surprenante, malgré un statut de titulaire, il ne termine quasiment jamais les matchs. Il est régulièrement remplacé peu après l’heure de jeu. La faute à un jeu tout en percussion très usant pour ses adversaires, mais également pour Bassogog lui même, dont la condition physique est encore celle d’un joueur brut. Au final, il va débuter 20 matchs sur 21, inscrivant 4 buts.

Le Lion Indomptable

Bassogog ? Qui ça ?

Appelé chez les jeunes par le Cameroun, Bassogog est pourtant loin de faire partie des joueurs expatriés suivis avec attention.  Pourtant, il tape dans l’oeil du nouveau sélectionneur camerounais Hugo Broos : « Si vous m’aviez demandé si je connaissais Bassogog il y a 5 mois, je vous aurais répondu ‘qui ça ?’. Il faut être franc, je ne le connaissais pas du tout. Mais maintenant avec internet il est très facile de trouver des joueurs selon leur nationalité. Je suis tombé sur son profil et j’ai demandé à un de mes anciens joueurs, au Danemark, de me dire ce qu’il pensait de lui. Il m’a dit que Bassogog commençait à faire parler de lui et qu’il était très talentueux balle au pied. En septembre 2016, un de mes assistants est allé à Aalborg pour voir un de ses matchs. Il a été impressionné par ses qualités et m’a demandé de venir l’observer également. C’est ce que j’ai fait. Et quand j’ai vu ses qualités, son niveau, je me suis dis ‘au prochain match il faut qu’il soit avec nous' ».

C’est comme cela que seulement 18 mois après avoir quitté le Cameroun pour les Etats-Unis puis le Danemark, Christian Bassogog effectuait ses débuts avec les Lions Indcomptables à l’occasion d’un match contre la Zambie. Il impressionne rapidement. Virevoltant, il figure dans le groupe camerounais pour la CAN 2017.

Alors que le Cameroun est loin d’être favori, il surprend tout son monde en remportant le titre continental. Bassogog dispute les 6 matchs en tant que titulaire et termine la compétition avec le titre de meilleur joueur de la CAN. Il faut dire que ses performances ont été remarquées, notamment lors de la demi-finale contre le Ghana, alors largement favori. Le Cameroun remporte la 31ème CAN disputée et l’attaquant entre dans l’histoire du football local. Il devient un héros à Douala et une rue est rebaptisée à son nom.

Surfant sur cette nouvelle popularité, Christian Bassogog va monnayer son talent en Chine. Il vient de s’engager avec Henan Jianye. On parle d’un contrat de 5 ans et de 35 millions de d’euros.

Fiche Christian Bassogog

Date de naissance : 18 octobre 1995
Lieu de naissance : Douala
Pays : Cameroun
Poste : Attaquant
Clubs successifs : Fundesport, Lion Blessé de Fotouni, Rainbow de Bamenda (Cameroun), Wilmington Hammerheads (Etats-Unis), Aalborg (Danemark), Henan Jianye (Chine)

Fanks

Posted by Fanks

Spécialiste du football francilien et africain.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *