Interview – Nathan Crémillieux, gardien de l’Equipe de France et de l’AS Saint-Etienne

Unanimement présenté comme l’un des grands espoirs au poste de gardien de but à l’ASSE, le jeune Nathan Crémillieux, tout juste 17 ans, a disputé 13 matchs cette saison avec les U19 Nationaux et compte déjà 13 sélections en Équipe de France ! Il revient pour EspoirsduFootball.com sur son parcours, ses ambitions, son amour pour les Verts ainsi que son entourage.

Bonjour, peux-tu tout d’abord te présenter brièvement à nos lecteurs ?

Bonjour, je m’appelle Nathan Crémillieux, joueur de l’AS Saint Etienne depuis 2013. J’ai rejoint la maison verte en provenance de l’AS Valence, club dans lequel j’évoluais en U15 élite. Je fais aujourd’hui parti de l’effectif des U19 Nationaux.

Tu continues tes études en parallèle du football, comme beaucoup de tes coéquipiers du centre de formation. N’est-il pas trop dur de concilier le rythme intense des entraînements et l’école ?

Je suis actuellement en 1ère. Je suis une scolarité classique, nous disposons à l’ASSE d’un accompagnement de grande qualité, ce qui est important pour moi. On ne sait pas ce qui peut se passer. Une blessure est vite arrivée. Je m’investis intensément dans ce double projet scolaire-sportif. La récupération est un élément clé pour ne pas « subir » ce rythme soutenu.

Justement, beaucoup de jeunes joueurs passent à coté d’une belle carrière à cause des « à-cotés » : sorties , mauvaise hygiène de vie, mauvais entourage… Quelle est ta vision sur ce manque de « travail invisible » ?

Tout d’abord, la première chose à faire est de savoir s’entourer des bonnes personnes. Un bon entourage permet de ne pas avoir des idées qui pourraient nuire à nos performances : Sortir, fumer, boire … Je sais que même des joueurs professionnels le font. Ça peut entraîner de la fatigue, des blessures… Personnellement, je ne pense pas à tous ces « à-côtés ». Je mets tout en œuvre pour réussir ! Puis c’est aussi une image qu’on renvoie, il ne faut pas l’oublier. Notre image est de plus en plus importante dans le milieu du foot.

Tu es arrivé à Saint Etienne à 13 ans alors qu’Auxerre, Lyon et Rennes étaient intéressés. Explique nous ton choix.

Pour moi, l’ASSE est un grand club, toujours apprécié. J’étais très flatté. Il y a une ferveur unique, un engouement particulier. Ce stade est incroyable et les supporters sont uniques. C’est un club avec une vraie histoire. Le choix s’est fait naturellement. Je prends du plaisir chaque jour à évoluer sous ces couleurs.

Cela a du être dur de partir de chez toi à 13 ans, de quitter ta ville, tes amis et ta famille. Comment cela s’est passé pour toi ? Comment as-tu été « recruté » si jeune ?

Au tout début, mon départ de la maison n’a pas toujours été simple à gérer, j’étais encore un petit bonhomme. Ne plus rentrer le soir, ne plus pouvoir profiter de sa famille et de ses amis au quotidien forge un caractère, ça fait mûrir. On acquiert un mental d’acier très tôt, de plus, J’ai eu la chance de partager cette expérience avec un coéquipier de Valence venu à l’ASSE en même temps que moi (Gabay Allaigre, joueur de l’ASSE en U19 Nat). Nous avons une relation particulière, nous nous entraidons beaucoup. Ce départ si jeune m’a permis d’acquérir des valeurs comme le respect, la combativité, etc. C’est beaucoup de sacrifices, mais ça en vaut le coup !

L’ASSE m’a repéré lors du traditionnel tournoi de pâques de Rhône Vallées, pas mal de clubs professionnels sont présents lors de ce tournoi. Ils m’ont suivi pendant quelques mois, puis ça s’est fait.

Sur les bords des terrains de Drôme-Ardèche, ton nom est régulièrement évoqué. Tu es un modèle pour les jeunes et une fierté pour les clubs qui t’ont lancé. Comment gères-tu cette pression ?

Ça me touche énormément, toutes ces personnes qui croient en moi. Je travaille chaque jour pour rendre fière ma famille, mon entourage mais aussi ceux qui me suivent. Je le vois chaque jour sur les réseaux sociaux et j’en suis très flatté. Beaucoup ne se rendent pas compte du travail et de l’implication que cela demande, mais c’est un honneur d’être à l’ASSE et beaucoup de plaisir que de pouvoir jouer au football chaque jour.

Comment as-tu choisi de devenir gardien de but ? On dit souvent que c’est un poste à part…

Quand j’étais petit, comme tous les enfants le font, je jouais souvent au foot avec mes amis, mais à chaque fois, jamais personne ne voulait aller au but. Un jour je me suis dit « essaies pour voir ». Je me suis vite rendu compte que j’aimais ça en fait, de plonger dans la boue, d’être le dernier rempart, d’effectuer des parades réflexes, etc.

Parles-nous de ta relation avec ton papa, lui même ancien gardien de but en Ligue 2 à l’ASOAV !

Mon père m’accompagne partout en déplacement. Il a un rôle très important dans ma progression. J’ai un immense respect pour lui. Nous avons une relation forte et le même ressenti sur le poste de gardien de but. L’apercevoir au bord du terrain m’apporte calme et sérénité. En un regard, je comprends ce qu’il veut me dire. Après chaque match, on fait un petit résumé. Il sait être dur mais aussi relever les points positifs. Ça me fait chaud au cœur de voir qu’il me suit, je ne veux pas le décevoir. Il me rend meilleur.

As-tu un plan de carrière ?

Tout d’abord, je souhaite continuer à m’épanouir sur la durée et à progresser au sein de l’ASSE. C’est un grand club européen qui impose l’excellence, on doit sans cesse se remettre en question. La concurrence se fait de plus en plus rude, cela se joue sur des détails à ce niveau de compétitivité. Je donne le meilleur de moi-même à chaque fois que j’enfile mes gants dans le but de progresser. Ensuite, je me fixerais des objectifs étapes par étapes.

Beaucoup d’espoirs sont placés en toi à l’ASSE. Comment Jérémie Janot (entraîneur des gardiens à l’ASSE) t’aide dans ta progression ?

Jérémie est un homme emblématique à Saint Etienne. On lui doit le respect pour tout ce qu’il a fait. J’ai une super relation de travail avec lui, comme tous les autres gardiens du centre de formation. Il nous apporte beaucoup, surtout d’un point de vue mental. Il nous apprend à être « fou-fou », comme il l’était parfois, mais aussi à nous gérer et à progresser de jour en jour. C’est quelqu’un de fantastique !

Échanges-tu parfois avec Ruffier et as-tu un modèle à ton poste ?

On n’a pas les mêmes horaires que le groupe professionnel mais il m’est arrivé d’échanger avec lui lors des séances que j’ai effectuées avec eux, il est très accessible et il donne de précieux conseils. C’est un grand gardien avec beaucoup de qualités, il a contribué à la progression de l’ASSE.

Quand j’étais petit, mon idole c’était Jérémie Janot ! Maintenant, j’aime beaucoup Keylor Navas, il est complet.

Comment vis-tu tes sélections en Équipe de France ?

Ma 1ère sélection, je m’en rappellerai toute ma vie. C’était un grand bonheur. Chanter la marseillaise en regardant pour père, fière, c’était incroyable. C’est une immense joie à chaque fois de représenter mon pays. Il n’y a pas de mots pour décrire ces émotions.

Fiche Nathan Crémillieux

Date de naissance : 9 janvier 2000
Lieu de naissance : Guilherand-Granges
Pays : France
Poste : Gardien
Clubs successifs : Rhône Crussol Foot 07, AS Valence, AS Saint-Etienne

Posted by Emmy Bineau

Sortie pas les pieds, pas une coincidence- Joueuse de D2 féminine - Etudes en communication

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