Entretien avec Léo Libbra

Léo Libbra, attaquant chez les jeunes de l’Olympique de Marseille depuis 2013, n’a pas été conservé par la nouvelle direction. Présenté comme un espoir du club, il revient pour Espoirs du Football sur son parcours, ses ambitions, sa famille, son amour pour l’OM et les sujets qui font le football d’aujourd’hui. 

Bonjour Léo. Depuis que la nouvelle équipe dirigeante est arrivée à l’OM, l’accent est mis sur la formation. Malgré cela, tu n’as pas été conservé par ton club de cœur. Explique nous comment cela s’est passé.

La nouvelle équipe dirigeante est arrivée à l’OM, où le staff du centre de formation a été totalement modifié des U15 jusqu’à la CFA, avec de nouveaux coachs ainsi qu’un nouveau directeur du centre. Suite à une blessure, j’ai commencé cette saison au milieu de la préparation estivale. J’ai évolué dans le groupe U19 toute l’année, avec un groupe de joueurs restreint. A partir de mars/avril les effectifs ont été séparés avec le groupe Gambardella et le groupe des joueurs non conservés dans lequel je faisais parti avec une majorité de joueurs qui étaient avec moi dans le groupe U19 tout au long de l’année.

Ton coéquipier, Clément Goguey, vient de signer en National à Marseille Consolat. Penses-tu que le deuxième club de Marseille peut devenir un tremplin pour les jeunes qui ne signent pas professionnels à l’OM ?

Tout d’abord je tiens à féliciter Clément d’avoir signé là-bas. Je pense que Marseille Consolat peut être le bon tremplin pour les jeunes qui ne parviennent pas à signer professionnels à l’OM. Cela permet aux joueurs qui ont évolué en U19/CFA à l’OM de découvrir le niveau national. Le fait de côtoyer des joueurs qui ont évolué auparavant à haut niveau permet d’acquérir plus rapidement de l’expérience.

Tu as pris part à l’aventure en Gambardella jusqu’en demi-finale. On imagine que ça a dû être frustrant pour toi de ne pas disputer les deux derniers matchs…

Oui bien évidemment ne pas disputer ces 2 derniers matchs a été très frustrant pour moi et pour aussi pas mal de mes coéquipiers qui étaient là depuis les 32ème face à Cruas. Une grosse déception pour moi de ne pas avoir fait parti du groupe jusqu’à la fin de l’aventure.

Est-ce plus dur qu’ailleurs pour un jeune de s’imposer à l’OM ?

L’OM est le plus grand club français, forcément il est jamais évident pour un jeune joueur de s’imposer dans l’équipe première. Avec le nouveau projet et le gros investissement, il sera plus dur je pense de lancer un jeune joueur dans le grand bain, malgré cela le centre possède de très bons joueurs alors pourquoi pas…

Au club depuis 2013, que retiens-tu de ton passage à l’OM ?

Je suis arrivé au club en 2013 où j’ai évolué avec plusieurs coachs, avec des saisons plus difficiles que d’autres. J’en garde dans l’ensemble un bon souvenir où j’ai appris beaucoup de choses, où j’ai grandi mentalement. Un peu déçu sur la fin de ne pas avoir été conservé par mon club formateur, je pars avec un goût d’inachevé.

Comment vois-tu ton avenir ? En France, à l’étranger ? Quelles sont tes ambitions ?

Je vois mon avenir dans le football, du moins c’est ce que j’aimerais. Je suis à la recherche d’un nouveau projet qui me permettrait de retrouver du temps de jeu, d’acquérir de l’expérience dans le monde senior. Je n’ai pas de préférence sur la situation, je suis prêt à partir à l’étranger pour essayer de me relancer. Mon ambition est de trouver le bon tremplin qui me permettrait d’arriver au haut niveau dans les années à venir.

Ton frère, Lucas, passé par le Gazélec Ajaccio et Vitré va partir jouer à Hawaï. Tu serais tenté toi aussi par une destination exotique ?

Mon frère Lucas devrait partir fin juillet. Pour ma part, je ne suis pas encore tenté par une destination exotique, je me dis que j’ai encore une carte à jouer en Europe qui reste mon objectif, mais d’ici 1 ou 2 ans si je n’arrive pas à rebondir, pourquoi pas tenter le coup.

Tu es donc le fils de Marc Libbra, ancien attaquant, passé par l’OM. Peux-tu nous décrire votre relation ?

Mon père est mon modèle. Nous avons eu le même parcours jusqu’à maintenant, il reste alors pour moi un soutien. Il sait me conseiller sur certains choix grâce à son expérience professionnelle. On s’entretient régulièrement au téléphone. Je tiens à le remercier.

En France, beaucoup de fils d’anciens footballeurs rentrent dans le monde professionnel à l’image de Marcus Thuram et d’Enzo Zidane. Ressens-tu une pression supplémentaire ou bien la relation avec ton père représente un atout pour toi ?

Je dirais que je ne ressens de pression supplémentaire, je suis fier de porter ce nom et j’essaie de suivre les traces de mon père. Ce n’est pas toujours évident de porter le nom de son père qui a été professionnel. Certaines personnes disent que je suis là grâce à lui, par “piston”. Il faut savoir faire abstraction de ces choses là.

Tu as obtenu ton baccalauréat l’année dernière avec une mention. Envisages-tu de poursuivre tes études ?

J’ai poursuivi mes études en fac de sport ou je n’ai pas réussi réellement à concilier école/entraînements, les horaires étaient décalés. Je me renseigne actuellement pour faire un BTS immobilier.

Ton papa est devenu journaliste après sa carrière. Est-ce que l’on pense déjà à sa reconversion à ton âge ?

Personnellement, je ne pense pas encore à ma reconversion, je n’ai encore rien prouvé dans le monde du football. Je pense plutôt à ce qui me plairait de faire si je ne réussis pas dans le foot.

Évoquons si tu le veux bien, un phénomène qui nuit désormais à beaucoup de joueurs : les réseaux sociaux. Récemment, le jeune joueur de l’OM, Kamara était au cœur d’une polémique puisqu’il s’est photographié avec un maillot de l’OGC Nice. Que penses-tu de ces publications qui prennent beaucoup d’ampleur ?

Je pense que la polémique qui s’est créée autour de Kamara est allée beaucoup trop loin, les choses prennent beaucoup d’ampleur pour si peu. C’est juste une publication où Kamara poste une photo avec le maillot de son ami de l’OGCN. Après, on connait le public marseillais qui est très dur avec ses joueurs.

Tu es toi aussi, présent sur les réseaux sociaux. Comment gères-tu ton image ?

Je reste très discret sur les réseaux sociaux, je poste en majorité que des tweets et des publications qui ne sont pas en rapport avec le football pour ne pas créer de polémique quelconque.

Tu as évolué en U17 nationaux, U19 nationaux également, puis un petit peu en CFA. Selon toi, quels sont les spécificités de chaque niveau ?

Pour moi, les 3 niveaux sont totalement différents. Les U17 nationaux sont accessibles à de nombreux “bons” joueurs. L’écart entre les centres de formation et clubs amateur est vraiment très grand.
Les U19 nationaux en revanche sont beaucoup plus différents que les 17 NAT, beaucoup de joueurs n’arrivent pas à passer le cap de cette catégorie où une certaine exigence technique est obligatoire.
La CFA est un championnat rugueux, avec peut être moins de technique mais beaucoup plus de duels, chaque match est un combat pour les 2 équipes. Le championnat dispose de très bons joueurs qui ont évolué à haut niveau et qui terminent leur carrière dans des clubs amateurs.

Présenté comme un espoir du club à ton poste, qu’est-ce qui t’as manqué selon toi pour pouvoir signer professionnel à l’OM ?

Ce qui m’a manqué est un défaut technique où j’ai des lacunes mais aussi et surtout la confiance d’un coach.

Tu évolues au même poste que ton père pendant sa carrière. De nombreux observateurs décrivent des similitudes dans le jeu. Qu’en penses-tu ?

Oui c’est vrai, énormément de personnes qui me voient jouer ont tendance à dire que j’ai le même jeu que mon père, dans la façon de courir, de me déplacer, dans l’agressivité. Je n’ai pas eu la chance malheureusement de voir beaucoup de matchs de mon père, mais pour le peu que j’ai pu voir, je suis assez d’accord. Tel père tel fils…

Tu es donc arrivé à l’OM en 2013, à l’âge de 14 ans. Tu as grandi en tant que joueur mais aussi en tant que garçon. Comment ça se passe en centre de formation ?

Je suis arrivé à 14 ans au centre de formation. J’ai eu une adaptation difficile où les premiers mois sans ma mère n’ont pas été faciles. Se retrouver seul du jour au lendemain à 300km de son domicile m’a fait bizarre. Après quelques mois, on apprend chacun à se connaître et tout devient plus facile. Je suis resté 3 ans au centre de formation ce qui m’a permis de grandir en tant que garçon, à devenir plus responsable. Elles font partis pour moi de mes plus belles années.

À l’heure où de très jeunes joueurs s’entourent d’agents, comment gères-tu les sollicitations ? Les conseils avisés de ton père te suffisent ?

De nos jours, il y a énormément de personnes qui se définissent agents sans l’être. On reçoit beaucoup de sollicitations, que ce soit par Facebook, Twitter ou autres. Il faut faire attention. Pour ma part, c’est mon père qui s’occupe de moi, il connaît suffisamment le métier pour remplir ce rôle.

Souhaites-tu faire passer un message ?

Je tiens à remercier tous mes coéquipiers que j’ai côtoyé pendant mes 4 années à l’OM, certains sont devenus des amis, je leur souhaite le meilleur. Merci également à toute l’équipe d’Espoirs du Football pour leur disponibilité.

Crédits Illustration : © PercyMad (https://www.instagram.com/percymad/?hl=fr)

Posted by Emmy Bineau

Sortie pas les pieds, pas une coincidence- Joueuse de D2 féminine - Etudes en communication

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