Interview – Fouad Chafik, le joueur au parcours studieux

Peu de joueurs professionnels peuvent se targuer d’avoir obtenu un Master 2. Pourtant, c’est l’histoire incroyable de Fouad Chafik. Devenu professionnel à l’âge de 25 ans, le latéral droit de Laval vient de s’engager avec le DFCO. Il découvre la Ligue 1 à 29 ans. Le natif de Pierrelatte a accepté de répondre à nos questions. Nous sommes revenus ensemble sur son parcours mais également sur ses ambitions.

L’équipe d’EspoirsDuFootball.com te félicite pour ta signature au DFCO. Pourquoi avoir fait ce choix ?

« Ce choix s’est présenté à moi, je suis quelqu’un d’ambitieux et un compétiteur, je ne pouvais pas refuser l’opportunité de pouvoir jouer en Ligue 1. De plus, le projet et l’environnement du club m’ont plu. Très heureux de m’être engagé avec le DFCO. »

Avais-tu d’autres opportunités ?

« Il me restait un an de contrat avec Laval, certains clubs se sont renseignés mais aucune proposition concrète si ce n’est celle du DFCO. »

«  Je me prépare déjà psychologiquement »

Tu découvres donc la Ligue 1 à 29 ans. Qu’espères-tu de cette saison ? Comment appréhendes-tu la découverte du plus haut niveau français ?

« Le plus important est de se maintenir en Ligue 1. J’espère que nous allons faire une belle saison. Nous savons qu’il va falloir se donner à fond à chaque match, être déterminés et en vouloir plus que l’adversaire. Il y a de belles équipes dans ce championnat. Je me prépare déjà psychologiquement et nous avons 6 semaines pour se préparer physiquement avant le début du championnat. Je ne suis pas quelqu’un qui se met la pression. On verra le moment venu. »

Tu comptes aujourd’hui 6 sélections avec l’équipe Nationale du Maroc. J’imagine que c’est une grosse fierté pour toi ?

« Oui une immense fierté, un rêve de gosse qui s’est réalisé. Jouer pour son pays c’est une sensation indescriptible. »

«  Je suis titulaire d’un Master 2 en économie du sport et du tourisme »

Revenons sur ton parcours, qui n’est pas commun. Tu as souhaité obtenir un bac+5 avant de signer ton premier contrat professionnel. Peux-tu nous expliquer ce choix ?

« J’ai un parcours atypique, je suis titulaire d’un Master 2 en économie du sport et du tourisme. Je ne suis passé par aucun centre de formation. J’ai privilégié mes études car je ne pensais pas devenir professionnel même si c’était dans un coin de ma tête. De plus même en étant pro, une blessure grave peut arriver et une carrière de footballeur est assez courte. C’est aussi pour préparer ma reconversion, l’après-foot avec ce bagage scolaire. »

Fouad Chafik Valence

(Fouad Chafik au stade Pompidou, avec le maillot de l’AS Valence lors de la saison 2011-2012)

Tu es devenu footballeur professionnel à l’âge de 25 ans avec ta signature au FC Istres en provenance de l’AS Valence, club avec lequel tu évoluais en CFA. Ne regrettes-tu pas d’avoir privilégié tes études ?

« J’avais terminé mes études depuis 2 ans lorsque j’ai signé à Istres. Je pense que cela s’est fait au bon moment. J’avais effectué une très belle saison en CFA avec Valence et un très beau parcours en coupe de France (L’AS Valence s’est illustrée en Coupe de France en atteignant les 16èmes de finale, battue par Évian Thonon Gaillard, club de L1 (0-2), après avoir sorti Arles-Avignon au 7e tour, club de L2). Cela a attiré l’œil de certains clubs et c’est le club d’Istres qui s’est présenté en premier. »

«  J’ai dû travailler les étés pour financer mes études »

Selon toi, quelles sont les différences entre un joueur comme toi qui a emprunté un chemin différent et un joueur qui a fait ses gammes dans un centre de formation puis intégré un groupe professionnel jeune ?

« Pour ma part, j’ai une certaine expérience de la vie, j’ai dû travailler les étés pour financer mes études. Je relativise aussi plus facilement certains événements de la vie. Je ne suis pas formaté par un centre de formation, j’ai pu profiter de ma jeunesse contrairement aux jeunes qui en sont issus et qui ont dû faire beaucoup de sacrifices. Je suis arrivé dans le monde professionnel avec une certaine fraicheur et une très grosse envie de montrer que même sans passer par un centre de formation on peut y arriver. »

Avais-tu un plan de carrière défini ?

« Non, pas vraiment. Je profite au maximum de ce qui m’arrive, c’est que du bonheur. J’ai pu découvrir la ligue 2 et je continue mon évolution en signant dans un club de Ligue 1. Et pour couronner le tout, je suis devenu international marocain, je ne pouvais rêver mieux. »

Tu comptes désormais beaucoup de matchs dans des clubs différents. Quelles sont les meilleurs souvenirs de ta carrière ?

« J’ai effectué 4 saisons en Ligue 2 avec 139 matchs au compteur sur 152 possibles. Mon meilleur souvenir restera mon premier match en pro contre Nantes devant 20 000 personnes. Et également ma première sélection avec l’équipe nationale du Maroc à Agadir dans ma ville d’origine, devant toute ma famille, une immense fierté. »

«  Le travail invisible est très important »

Tu as effectué 4 dernières saisons pleines où tu n’as quasiment pas été blessé. Quels sont les moyens que tu mets en œuvre pour avoir cette régularité ?

« J’ai effectué 3 premières saisons sans blessure et la dernière saison j’ai été blessé 6 semaines au niveau de la clavicule suite à un choc avec un joueur adverse. Il n’y a pas de recette miracle, il faut être motivé et déterminé à chaque match. Le travail invisible est très important : La nutrition, le repos, la récupération et le sommeil sont des éléments importants. »

Tu es un joueur avec des ambitions. As-tu envie de découvrir un championnat étranger et disputer la Ligue des Champions un jour ?

« Comme vous le dites, je suis un compétiteur et un joueur ambitieux mais je fonctionne par étape. Je vais découvrir la Ligue 1 et c’est déjà bien mais je ne me fixe pas de limites. Pouvoir disputer la Ligue des Champions un jour serait le summum. »

«  Il faut y croire jusqu’au bout »

(Fouad lorsqu’il évoluait en DHR avec l’US Montélimar lors de la saison 2009-2010)

(Fouad lorsqu’il évoluait en DHR avec l’US Montélimar lors de la saison 2009-2010)

Ton parcours pourrait inspirer beaucoup de joueurs qui jouent dans des divisions inférieures. Quel message pourrais-tu leur faire passer ?

« Juste leur dire que je suis la preuve vivante que l’on peut concilier football professionnel et scolarité. C’est très difficile de rentrer dans le monde du football professionnel, il est donc important de poursuivre ses études et d’avoir un bagage scolaire. Je leur dirai aussi de continuer à croire en leur rêve quoi qu’il arrive, avec du respect, de la motivation, de la patience, de l’abnégation et du travail. Je ne suis pas passé par un parcours classique, j’ai fait presque tous les niveaux régionaux en catégorie sénior, il faut donc y croire jusqu’au bout. »

L’équipe d’EspoirsDuFootball.com te remercie pour ta disponibilité et te souhaite une belle réussite pour la suite de ta carrière.

« Merci à vous et un petit message aux lecteurs d’EspoirsDuFootball, merci à eux de continuer à suivre le site qui est excellent et très instructif. »

Posted by Emmy Bineau

Sortie pas les pieds, pas une coincidence- Joueuse de D2 féminine - Etudes en communication

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