Après une saison d’adaptation à la Fiorentina, Stevan Jovetic, 19 ans, est en train de prendre une nouvelle dimension au sein de la Viola. Ses prestations en ce début de saison ont impressionné bon nombre d’observateurs, mais également quelques-uns des plus grands clubs d’Europe, qui pourraient bientôt dégainer leur chéquier pour convaincre le club fiorentain de lâcher son joyau. Portrait de celui que l’on présente au Monténégro comme le successeur de Dejan Sasicevic. Rien que ça.
Tout comme son illustre aîné, la carrière de Jovetic a débuté à quelques 450 kilomètres de Pogdorica, la capitale du Monténégro où il est né le 2 novembre 1989 (même si à l’époque la ville s’appelait Titograd, du nom de l’ancien dictateur de la Yougoslavie). Après avoir fait ses premières armes dans un club local, à Mladost, il rejoint à 14 ans l’un des plus grands clubs dans ce qui n’est alors que la Serbie-Monténégro, à savoir le Partizan Belgrade. Joyau des équipes de jeunes, ses cotes de foot montent en flèche et il fait ses grands débuts chez les professionnels le 8 avril 2006 à l’âge de 16 ans. Dès lors, il ne quittera plus l’équipe première.
Moins d’un an plus tard, le 24 mars 2007, il participe à un événement historique : le premier match dans l’histoire de l’équipe nationale du Monténégro, devenu indépendant entre temps. Plus jeune joueur sur la feuille de match, il disputé les 6 dernières minutes de la rencontre amicale face à la Hongrie, en remplaçant le héros national, Mirko Vucini, auteur du premier but de l’histoire de son pays.
Il devient également à cette époque un élément incontournable dans le onze type du Partizan. En août 2007, Jovetic claque un triplé lors du premier tour de la coupe UEFA… qui ne sera jamais compté sans les statistiques officielles, la faute aux supporters du Crno-beli, qui feront annuler le match après avoir balancé des fumigènes. Qu’importe. Les plus grands clubs du Vieux Continent commencent à s’intéresser au prodige. Manchester (United et City), Chelsea ou encore le Real Madrid se placent pour acquérir sa signature. Ce qui ne le perturbe pas plus que ça : nommé capitaine en janvier du Partizan après le départ de Rukavina alors qu’il vient tout juste d’avoir 17 ans, Jovetic offre à la fin de la saison le doublé coupe-championnat à son club, le premier depuis 1998.
Le Calcio plutôt que la Premier League
La fin de saison aidant, les rumeurs s’intensifient à son sujet. Dejan Savicevic lui-même, président de la fédération de football du Monténégro, s’épanche à ce sujet dans la presse à l’époque. « Stevan peut jouer dans n’importe lequel des plus grands clubs d’Europe. Et je pense que Manchester United ferait une bonne affaire à 7 millions d’euros ». Mais manque de bol pour l’ancienne idole de San Siro, Jovetic n’est pas trop attiré par l’Angleterre. Il préfère le Calcio et l’italien, plus facile à apprendre selon-lui. Ce qui explique pourquoi il rejoint, un peu à la surprise générale, la Fiorentina en mai 2008, pour environ 7 millions d’euros. Une bonne affaire si l’on en croit Savicevic donc. Pourtant, les supporters de la Viola vont penser le contraire tout au long de la saison.
Il faut dire que « Jo-Jo », son surnom dans la Calcio (du fait de sa coupe de cheveux, qui ressemble à celle d’un personnage de dessin animé – à part celle de Krusty le Clown des Simpsons, on ne voit pas trop), va peiner pour s’adapter au football italien.
Aligné en tant qu’attaquant, d’ailier ou de trequartista (sort de n°10 cher aux Transalpins), il n’inscrira son premier but sous les couleurs de la « Fio » qu’en avril… sur penalty. Ce sera l’un de ses deux seuls but de sa première saison italienne, en trente-quatre apparitions toutes compétitions confondues si l’on excepte la sélection – quatre buts en sept matchs pour le Monténégro cette année-là.
Autant dire qu’à l’aube de cette saison, Jovetic a une sacrée pression sur les épaules.
Le déclic en Ligue des Champions
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ses débuts n’encouragent pas à l’optimisme. Remplaçant contre le Sporting Lisbonne lors du 3e tour préliminaire, il dispute les 30 dernières minutes du match sans pouvoir faire la différence. Pis encore : le week-end, il est titulaire pour l’ouverture du Calcio face à Bologne, mais est sorti au bout de 45 minutes. Mais le gentil « Jo-Jo » va faire taire ses détracteurs lors du match suivant.
De nouveau remplaçant pour le retour contre le Sporting, il entre à la mi-temps alors que la Viola est menée à domicile. Moins de dix minutes plus tard, il égalise, qualifiant ainsi son équipe pour la Ligue des Champions. Le déclic en quelque sorte.
Car depuis, il ne s’arrête plus. Trois buts en Serie A, un en sélection, jusque l’apothéose le 29 septembre dernier. Il réduit au silence Anfield en inscrivant un doublé, mettant ainsi une nouvelle fois l’Europe à ses pieds.
Tout le monde en parle
Depuis qu’il a fait pleurer tout Liverpool, Jo-Jo est de nouveau au centre de toutes les attentions et la coqueluche des pronostics de foot italiens. Sir Alex Ferguson, qui l’avait raté de peu il y a deux ans, aurait fait de lui sa priorité pour l’an prochain – au grand dam d’Obertan. Chelsea, City ou encore le Real Madrid sont également à l’affût.
Mais la Fiorentina a déjà annoncé qu’elle n’était pas vendeuse, tandis que le joueur a confirmé vouloir continué son apprentissage du côté de Florence, suivant ainsi les conseils de Savicevic (encore lui !) qui a expliqué dans la presse italienne qu’il serait mieux pour lui de rester « encore deux ou trois ans à la Fiorentina et ensuite voir si des offres comme celles proposées pour Kaka ou Ibrahimovic arriveront ».Quelqu’un lui a-t-il dit que Jovetic avait déjà un agent ?







