Portrait de la semaine – Giampaolo Pazzini – Sampdoria

Rédaction 23 septembre 2009 1

Dans le football, il est très facile de passer du statut de grand espoir à celui de has-been. Rare sont ceux qui arrivent à faire le chemin inverse. Giampolo Pazzini appartient pourtant à la seconde catégorie. Considéré de l’autre côté des Alpes comme l’un des futurs grands du football transalpin, il a tout d’abord rongé son frein plusieurs années durant sur le banc de la Fiorentina. Mais depuis janvier, il explose les compteurs du côté de Gênes, au point de postuler désormais à une place pour le Mondial 2010 avec la Squaddra Azzura.

La Serie B avant le retour au bercail

Giampolo vient au monde le 2 août 1984. Mauvais présage ou non, l’Italie s’incline ce jour-là face au Costa Rica lors de la phase de poule des Jeux Olympiques d’été de Los Angeles (une excellente cuvée pour l’Equipe de France au passage). Issu d’une famille de footballeurs, son père et son oncle ayant notamment joué en Serie C (équivalent du National en France,) il écume les clubs de la région avant de se faire repérer à l’adolescence par les recruteurs de l’Atalanta Bergame, réputée dans la Botte pour son centre de formation, qu’il rejoint alors à l’âge de 14 ans.

Mais l’attaquant devra attendre la saison 2003-2004 avant de s’installer durablement en équipe première. Relégué en Serie B, le club lombard décide en effet de miser sur sa jeune garde. Faute de mieux. En attendant, Pazzini et ses potes, dont Riccardo Montolivo ou encore Rolando Bianchi, vont dépasser toutes les espérances. L’Atalanta finit en effet la saison à la cinquième place, gagnant ainsi le droit de retrouver l’élite seulement un an après l’avoir quitté. Giampolo, pour sa première « vraie » saison chez les professionnels, aura de son côté marqué les esprits avec neuf réalisations en championnat (pour trente-neuf matchs). A seulement 19 ans.

Il continue sur cette voie par la suite, en inscrivant trois buts lors de la première partie de saison de son équipe en Serie A. Assez pour que les grands clubs s’intéressent à lui. Il décide finalement de retourner dans sa Toscane natale, et signe en janvier 2005 à la Fiorentina pour environ 6,5 millions d’euros.

Toni, Mutu ou Gilardino, même combat pour Giampolo

A Florence, on se dit que le bonhomme a tout pour réussir. Après six premiers mois honorable (trois buts en quinze matchs), Giampolo est pourtant l’une des premières victimes de l’explosion de Luca Toni. Inconnu du grand public, le géant transalpin de 29 ans se révèle lors de la saison 2005/2006, en inscrivant notamment trente-et-un but en championnat. Du côté du stade Artemio Franchi, on n’avait plus vu ça depuis un certain Gabriel Batistuta. Pendant ce temps, Pazzini se contente de se partager le rôle de second avec Bojinov, qu’il assume tant bien que mal (cinq buts en vingt-sept matchs). Malgré une saison en demi-teinte, il reçoit le trophée de meilleur jeune de l’année en Serie A. Beaucoup auraient alors parié que la saison serait celle de la confirmation pour le joueur.

L’arrivée d’Adrian Mutu durant l’été va bouleverser la donne. Le Roumain débarque en Toscane avec un statut de titulaire indiscutable. Les résultats ne jouent pas en faveur de l’ancien joueur de l’Atalanta Bergame, puisque la Viola réalise en effet une superbe saison. Portée par le duo Toni-Mutu, elle échoue à trois points de la Ligue des Champions. Cantonné à un rôle de doublure en club (sept buts en vingt-quatre matchs), Pazzini s’éclate cependant avec les Espoirs transalpins, avec qui il pulvérise les Anglais à Wembley 3-0. Trois buts de Giampolo Pazzini. Avec en prime le nouveau record du but le plus rapide dans cette enceinte mythique, en 26 secondes, effaçant ainsi des tablettes… Louis Saha.

Toni parti en Bavière, Pazzini a alors la confiance de Cesare Prandelli. Et le lui rend bien. Malgré l’arrivée de Christian Vieiri (qui ne jouait pas encore au poker), il assume son nouveau statut. Neuf buts en championnat, mais une coupe UEFA traversée comme un fantôme (aucune réalisation en douze apparitions!). Pourtant, il voit de nouveau débarquer un nouveau concurrent en la personne d’Alberto Gilardino. De retour sur le banc de touche, Pazzini perd confiance, et cela se ressent sur le terrain. Un seul but en seize matchs lors de la première partie de la saison 2008-2009. L’espoir aura été de courte durée, se disent alors les observateurs.

Pourtant, un homme va croire en lui. C’est Walter Wazzari, l’entraîneur de la Sampdoria .

Gênes, ou la résurrection

Après avoir relancé Antonio Cassano, il fait de nouveau le même pari avec Pazzini en janvier dernier. Un pari à 9 millions d’euros. Titulaire, le Toscan retrouve la confiance, et claque dès son troisième match sous ses nouvelles couleurs. Et décide de ne plus s’arrêter. Onze buts en dix-neufs matchs de championnat, quatre en autant d’apparition en coupe. L’Italie du football ne peut que se réjouir de la résurrection de l’un de ses enfants. Les paris réalisés par la Samp ont donc été payants.

Marcelo Lippi, l’entraîneur de la Squaddra Azzura, est également conquis, et lance Giampolo sur la scène internationale lors d’un match comptant pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 2010 contre le Monténégro en mars dernier. Il faut moins de trois minutes au joueur pour marquer son nouveau territoire : entré en jeu à la 59e minute, il ouvre son compteur but en sélection sur l’un de ses premiers ballons. Trois jours plus tard, il est titulaire contre l’Irlande. Mais après seulement deux minutes de jeu, il est sévèrement touché lors d’un duel avec John O’Shea. Carton rouge pour le défenseur de Manchester United. Et civière pour Pazzini, qui finira la rencontre en observation à l’hôpital. Ce qui ne l’empêcha pas d’honorer sa troisième sélection trois mois plus tard.

Pour la seconde fois de sa carrière, Giampolo a pu goûter au calme cet été. Pas de concurrent à l’horizon pour une fois. Il a ainsi pu démarrer sa saison en toute tranquillité. Deux buts lors des deux premières journées de championnat, et une place de leader pour la Samp’ après les quatre premiers matchs, qui déjoue tous les pronostics des observateurs de la Serie A. Tout roule pour lui, merci.

Reste désormais à s’inscrire dans le futur de l’équipe nationale. Giuseppe Rossi lui a pour le moment piqué le statut de nouvelle idole de la nation. Mais Giampolo en a vu d’autres.

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